À bicyclette
Saint-Antoine - Sainte-Sophie, Bohain-en-Vermandois (02)
Charles CAYREL
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Depuis neuf ans, les élèves de 4e du groupe scolaire Saint-Antoine – Sainte-Sophie de Bohain-en-Vermandois (02), pédalent chaque automne trente kilomètres pour rejoindre le monastère des sœurs clarisses, à Vermand. Entre effort sportif, découverte spirituelle et échanges fraternels, une journée riche en sens.
Madame, pourquoi avez-vous choisi d’être sœur ? » Et l’interpellée de répondre : « Ah, mon Dieu de mon Dieu ! », avant d’expliquer qu’elle avait été fiancée jusqu’à ce qu’elle se décide à entendre l’appel de « son grand amour », Dieu. Dans le jardin du monastère des Clarisses, à Vermand (02), plusieurs dizaines d’élèves du groupe scolaire Saint-Antoine – Sainte-Sophie de Bohain-en-Vermandois (02) égrènent leurs interrogations. Dans leurs robes beiges ou bleues, le sourire des sœurs accueille le chapelet de questions. « Quoi, il faut faire des études pour être sœur ? » ; « Pourquoi portez-vous une alliance ? » ; « C’est quoi une journée type pour une sœur ? »
Depuis neuf ans, cette rencontre inattendue fait partir du rituel de rentrée des élèves de 4e. « Quand je vois ces jeunes, cette facilité qu’ils ont à nous aborder, à poser des questions, je perçois une soif en eux de découvrir autre chose », explique sœur Bernadette, avant de conclure : « Si un seul jeune repart en ayant compris qu’il est aimé de Dieu, c’est déjà beaucoup. »
En selle pour toute l’année
Outre l’apprentissage du dizainier, la découverte des vêpres ou du quotidien monastique, les adolescents goûtent la joie simple de converser avec les sœurs. Cette rencontre n’est pas seulement humaine ou spirituelle, elle est aussi l’aboutissement d’un périple sportif. Les 45 élèves sont venus à vélo depuis le collège, distant de trente kilomètres. « Le but, c’est d’organiser une journée d’intégration différente pour les 4es, car c’est un âge charnière où il faut que ça bouge. C’est un effort ludique qui redonne confiance à des jeunes qui trop souvent se sous-estiment », résume Charles Cayrel, le chef d’établissement. Le défi, facile pour certains, plus difficile pour d’autres, devient un temps de fraternité : les derniers arrivés sont applaudis par les premiers. Et pour cette journée spéciale, les parents répondent aussi présent. « C’est important de partager ce temps-là avec nos enfants, qu’ils nous sentent investis en dehors de la maison », témoigne une mère d’élève.
Tous profitent aussi du grand terrain avec un potager et quelques arbres fruitiers, où les collégiens prêtent main-forte en ramassant des branches fraîchement coupées ou en remplissant des seaux de noisettes. La journée s’achève par un temps de recueillement à la chapelle, vécu ensemble, sur le mode de la prière pour les uns, de la relecture de la journée pour les autres. Après avoir remis leurs dons à la communauté religieuse et posé pour une photo souvenir, les jeunes visiteurs repartent en bus pour Bohain-en-Vermandois, fourbus mais rayonnants. l

