Moins d’écrans, plus de regards
À Montpellier (34), le lycée Notre-Dame-de-La-Merci a mis en place une interdiction partielle du portable dans les espaces communs. Une expérience concertée avec les élèves, et restauratrice de liens.
Sous les platanes centenaires du lycée Notre‑Dame‑de‑La‑Merci, à Montpellier, un détail anachonique: aucun élève n’a son portable en main. Depuis la rentrée, l’établissement a instauré une interdiction partielle des téléphones. Hors du créneau de la pause méridienne, les appareils restent éteints, glissés au fond des sacs. Une petite révolution voulue non pour punir, mais pour protéger, du harcèlement en ligne, de l’hyperconnexion, des notifications qui grignotent l’attention.
Pensée avec les élèves, la règle a été ajustée au fil des semaines et nécessité d’aménager certaines habitudes. Finies les partages de connexions improvisés en cours ; retour au tableau d’affichage pour les changements de salle. Certains jeunes, d’abord déstabilisés, confessent désormais se sentir plus concentrés et plus disponibles. Les enseignants, eux, observent un phénomène oublié : les regards qui se croisent, les conversations spontanées, les présences retrouvées.
La mesure s’accompagne d’ateliers – yoga, impro, sophrologie – pour offrir d’autres respirations que celles des écrans. Les parents plébiscitent aussi cette petite révolution. Et dans la cour, autour de la table de ping-pong installée par l’Apel, l’expérience prend même des airs de liberté retrouvée.

