Des référents pour un suivi sur-mesure

Lycée Émilie-de-Rodat, Toulouse (31)
Emmanuelle Dalmau-Rocton, chef d’établissement
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Au lycée Émilie-de-Rodat, à Toulouse, des professeurs référents accompagnent de façon très précise et régulière l’orientation de leurs élèves de terminale. Un choix qui permet à ces derniers d’obtenir à 92 % leur vœu de cœur sur Parcoursup.

Dans le quartier de la Patte d’Oie à Toulouse, les professeurs du lycée général et technologique Émilie-de-Rodat commencent le conseil de classe des Tles générales E. Le professeur principal distribue la parole au fil des noms d’élèves qu’il égrène. Mais dans ce conseil, ce sont les professeurs référents qui parlent le plus. Résumé détaillé du profil et du comportement de l’élève sur le trimestre, éventuelle proposition d’une distinction, présentation de ses premiers vœux d’orientation et premier avis dessus… Cela fait six ans que l’établissement fonctionne ainsi. « On a choisi de mettre ce processus en place dès la rentrée 2019, en se rendant compte qu’avec la réforme du lycée et la dispersion des élèves dans de multiples combinaisons de spécialités, le suivi d’orientation était difficile pour le professeur principal », résume Emmanuelle Dalmau-Rocton, la cheffe d’établissement.
Ainsi, cette année, en Tle générale, treize professeurs référents (PR) assurent le suivi des projets d’orientation d’une quinzaine d’élèves chacun, contre 34 pour un professeur principal (PP) avant ce fonctionnement. Ils sont en majorité des professeurs des spécialités de l’élève accompagné. « Les six professeurs principaux, eux, se consacrent à gérer la vie du groupe classe et l’inscription administrative au bac. Les professeurs référents utilisent une partie du quota des heures de vie de classe (une heure tous les quinze jours), partagé avec les professeurs principaux, pour l’orientation : le fonctionnement de Parcoursup et les dates butoirs sont présentés en grand groupe et l’accompagnement du projet de chacun se fait en individuel selon les besoins », affirme Sandrine Tuheiava, la coordinatrice des PP-PR. Cette dernière veille notamment à la formation des nouveaux PR, assure l’interface avec les besoins des enseignants et coordonne les événements sur l’orientation dans l’établissement.


Sécuriser les parcours

Cet accompagnement sur-mesure commence dès le premier trimestre : « Les PR diffusent une première fiche aux élèves en leur demandant leur choix d’orientation, s’ils en ont, et les moyens qu’ils envisagent pour y parvenir », explique Mathieu Bégrand, directeur adjoint du lycée. Cette fiche est examinée lors du premier conseil de classe et discutée dans les grandes lignes seulement. Ainsi, pour cette élève qui rêve d’être pâtissière et s’est déjà renseignée pour postuler à trois écoles hors Parcoursup, sa PR, enseignante de spécialité HGGSP, recommande de « sécuriser son parcours en formulant tout de même des vœux sur Parcoursup ». Pour une autre élève qui veut faire une licence de droit-gestion mais a une moyenne de 9/20 en maths complémentaires, elle partage ses doutes quant à ses chances de réussite… « Une année de remise à niveau en maths est proposée pour cette formation, en parallèle de sa première année, c’est donc tout à fait faisable », intervient un autre professeur qui connaît cette licence.

Réajuster les choix

Mais c’est au conseil de classe du deuxième trimestre que l’expertise des profs référents prend toute sa valeur. À ce stade, les élèves ont affiné leur projet et leurs notes offrent de réelles possibilités de projection, consolidées grâce à deux outils internes : un fichier avec des filtres vérifiant l’adéquation des combinaisons de spécialités pour telle orientation, un autre compilant les spécialités des anciens élèves et les vœux obtenus. S’y ajoute une veille des notes d’admission de l’année précédente des écoles visées par les lycéens. De quoi aider les PR à fournir un avis argumenté sur les vœux de l’élève au regard de son profil et de ses outils, qui servira de base au commentaire final du chef d’établissement. « On place exprès le deuxième conseil de classe juste avant la fermeture de la phase de formulation des vœux sur Parcoursup, afin de laisser l’élève réajuster ses choix en dernière minute, s’il l’accepte », pointe Matthieu Bégrand, qui rédige avec la cheffe d’établissement une appréciation et un avis sur chaque vœu formulé. « Le but étant bien sûr qu’on émette un avis favorable et qu’on formule le meilleur commentaire pour pousser leur vœu de cœur », ajoute Matthieu Bégrand. Actuellement, les élèves obtiennent 92 % de leurs vœux de cœur, signe de la qualité de cet accompagnement, plébiscité par les parents d’élèves.